Rapport relatif à l’action d’instrumentation du Glacier de Bonne Pierre
Une crue exceptionnelle
Dans la nuit du 20 au 21 juin 2024, une crue d’ampleur exceptionnelle du torrent des Etançons a impacté le hameau de la Bérarde. Plus de 300 000 m3 de matériaux ont été exportés par le torrent de Bonne Pierre, affluent rive gauche du torrent des Etançons, et 200 000 m3 se sont déposés sur le cône de déjection du torrent des Etançons au niveau du hameau.
Cet événement n’a pas d’égal dans l’historique connu du torrent et n’a pas été observé à minima depuis plusieurs siècles. Il n’a fort heureusement pas causé de victimes, mais a nécessité l’évacuation de plus de 100 personnes par hélicoptère et a impacté plus de 60 bâtiments ainsi que les différents réseaux (route, électricité, AEP, assainissement).
Des facteurs mutiples
Les facteurs ayant mené à la crue du 21 juin sont multiples. Le travail de rétro-analyse, piloté par l’ONF-RTM et mené en étroite collaboration avec la communauté scientifique, a montré que la crue du 21 juin 2024 devait être prise en compte comme un scénario de référence, autant d’un point de vue de l’urbanisme que des scénarios de réaménagement. Par ailleurs, des incertitudes fortes demeurent - et demeureront probablement toujours pour certaines - sur le phénomène d’origine glaciaire ayant eu lieu dans la nuit du 20 au 21 juin. Si la contribution du glacier de Bonne Pierre semble se matérialiser par la vidange d’un lac supraglaciaire temporaire d’environ 100 000 m3 à l’intérieur du glacier, des questions persistent sur la dynamique et les processus à l’origine de cette vidange, ainsi que sur la possibilité d’autres rétentions d’eau à l’intérieur du glacier.
Des questions sur les processus de rétention d'eau
En 2025 le glacier de Bonne Pierre a fait l’objet, à la demande de l’Etat, d’une première mission d’instrumentation dans un objectif d’acquisition de la connaissance sur les processus de rétention d’eau au niveau du glacier. Les questions posées en amont de cette campagne étaient les suivantes :
- Quel est le fonctionnement du lac supraglaciaire ?
- Est-ce que d’autres rétentions d’eau sont possibles dans le glacier ?
Un rapport mené en collaboration
Le présent rapport détaille l’action d’instrumentation pilotée par l’ONF-RTM, en collaboration avec les laboratoires IGE, ISTERRE et l’ETH Zurich, avec la contribution du Parc National des Ecrins et du Centre d’Étude de la Neige de Météo France.
Cette action, commanditée par la Direction Départementale des Territoires de l’Isère, s’inscrit dans le Plan national d’actions pour la prévention des risques d’origine glaciaire et périglaciaire financé par le ministère en charge de l’Écologie (DGPR). Elle a également été financée par l’État, via le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs.
Le document est composé d’un rapport de synthèse et d’une annexe regroupant les contributions scientifiques. Les documents sont disponibles via les liens ci-dessous :
- Auteur : Office national des forêts - Service RTM de l’Isère
- Année de parution : 2026