Réserve biologique intégrale de Verrières : bilan de trois années de suivi des chauves-souris
La préservation de la biodiversité est au cœur des missions des forestiers de l'ONF. Pour mieux connaître les espèces qui peuplent les forêts publiques, plus de 200 agents mettent à profit leur expertise naturaliste au sein de réseaux spécialisés consacrés notamment à la flore, aux oiseaux, aux insectes, aux mammifères, aux champignons, aux reptiles et aux amphibiens. Dans la réserve biologique intégrale (RBI) de Verrières, un suivi des chauves-souris est ainsi mené chaque année depuis 2023. Réalisé par le bureau d'études Alcathoé, il permet d'améliorer les connaissances sur ces mammifères discrets et de suivre l'évolution de leurs populations.
La Réserve biologique intégrale (RBI) de la forêt de Verrières
Les réserves biologiques intégrales (RBI) sont des espaces forestiers laissés en libre évolution. Toute exploitation sylvicole y est proscrite et les interventions humaines sont limitées aux travaux de sécurisation des abords et des chemins.
Prévues par le Code forestier et créées pour une durée illimitée, les RBI permettent d'observer les dynamiques naturelles de la forêt et d'améliorer les connaissances sur les écosystèmes forestiers, notamment ceux liés aux arbres âgés, au bois mort et aux nombreuses espèces qui leur sont associées.
Créée en 2010 par arrêté ministériel sur proposition de l'ONF, la réserve biologique intégrale de Verrières s'étend sur 42 hectares. Elle est principalement composée de peuplements de chênes qui ne sont plus exploités depuis les années 1960-1970. Marquée par la tempête de 1999, elle présente aujourd'hui une richesse remarquable en gros bois, bois mort et arbres à cavités, autant d'habitats favorables à une faune diversifiée.
L'absence d'intervention humaine offre un terrain d'étude privilégié pour suivre l'évolution naturelle de la forêt et mieux comprendre son fonctionnement. Des inventaires réguliers y sont menés sur plusieurs groupes d'espèces emblématiques, dont les chauves-souris.
Située au cœur d'un environnement urbain dense, la RBI de Verrières constitue par ailleurs un site unique en France, où la nature s'exprime librement aux portes de la ville.
Pourquoi les chauves-souris sont-elles une richesse pour la biodiversité ?
Discrètes mais indispensables, les chauves-souris jouent un rôle majeur dans l'équilibre des écosystèmes. En se nourrissant d'importantes quantités d'insectes, elles participent à leur régulation naturelle. Très sensibles à la qualité de leur environnement, elles constituent également d'excellents indicateurs de l'état de santé des forêts.
Au sein de la réserve biologique intégrale de Verrières, elles trouvent un habitat particulièrement favorable. Les arbres âgés, les cavités naturelles et le bois mort offrent de nombreux refuges à ces mammifères nocturnes, tandis que la richesse du milieu forestier leur assure des ressources alimentaires abondantes.
La diversité des espèces observées témoigne ainsi de la richesse écologique de la réserve et du bon état de conservation de ses milieux naturels. Leur présence confirme tout l'intérêt de préserver ces espaces laissés en libre évolution, véritables refuges pour la biodiversité.
Le bilan des suivis chiroptères en RBI de Verrières (2023-2025)
Pour se déplacer, s'orienter dans l'obscurité et repérer leurs proies, les chauves-souris utilisent un système d'écholocation basé sur l'émission d'ultrasons. Cette particularité permet aux scientifiques de les détecter et d'identifier les différentes espèces présentes sur un site.
Dans la réserve biologique intégrale de Verrières, des enregistreurs automatiques sont installés sur plusieurs points d'écoute afin de capter l'activité des chauves-souris tout au long de la nuit. L'analyse des signaux enregistrés permet ensuite d'identifier les espèces fréquentant la réserve.
Depuis le début du suivi, douze espèces ont ainsi été recensées, parmi lesquelles la Pipistrelle commune, la Pipistrelle de Nathusius, le Murin d'Alcathoé, l'Oreillard roux, la Noctule commune ou encore la Sérotine commune.
Les résultats montrent que le cœur de la réserve accueille une activité particulièrement importante et une diversité d'espèces plus élevée que les secteurs périphériques. Ces observations confirment l'intérêt écologique de cet espace laissé en libre évolution.
L'année 2025 a par ailleurs été marquée par la détection de la Noctule commune (Nyctalus noctula), une espèce jusqu'alors jamais observée sur le site. Cette découverte illustre tout l'intérêt des suivis menés sur le long terme et souligne le rôle de la réserve comme refuge pour les chauves-souris du massif forestier.