Biodiversité : neuf réserves biologiques renforcent le réseau des forêts sous protection forte

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Le réseau des réserves biologiques, créées et gérées par l’ONF, poursuit son expansion. Neuf créations ou extensions de réserves biologiques viennent d’être officialisées par arrêté ministériel, renforçant ainsi la protection de milieux naturels parmi les plus remarquables du territoire. Des tourbières du Massif central aux forêts tropicales de Guyane, ces réserves sont des espaces où la nature est préservée, observée et étudiée sur le long terme.

Des espaces naturels sous protection forte

Les réserves biologiques représentent le niveau le plus élevé de protection mis en œuvre dans les forêts publiques par l'Office national des forêts. Elles permettent soit de préserver des habitats et des espèces particulièrement sensibles, grâce à une gestion conservatoire adaptée (réserves biologiques dirigées - RBD), soit de laisser les forêts évoluer librement pour laisser s'y exprimer la dynamique naturelle (réserves biologiques intégrales - RBI).

Avec ces neuf nouveaux arrêtés, plusieurs milliers d’hectares rejoignent le réseau national des réserves biologiques, dont un site exceptionnel en Guyane couvrant à lui seul plus de 156 000 hectares de forêt.

Neuf réserves biologiques créées ou agrandies

Une réserve biologique dirigée :

  • Tourbières du Somail (38,36 ha, dont 12,05 ha d’extension), en forêt domaniale du Somail (Hérault) : complexe remarquable de tourbières, landes et autres zones humides.

Huit réserves biologiques intégrales :

  • Bannes-Ravines (313,25 ha), en forêts domaniales de Bannes et du Val-de-Senones (Vosges) : sapinières-hêtraies typiques des Vosges gréseuses.
  • Buronnières (83,77 ha), en forêt régionale de Ferrières (Seine-et-Marne) : chênaies et hêtraies arrivées à une maturité remarquable, dans la Brie
  • Chamalière et Peyre Ourse (147,49 ha) en forêt domaniale de Murat (Cantal) : sapinières et milieux ouverts d’altitude du massif du Plomb du Cantal
  • Chatte Pendue (52,88 ha), en forêt domaniale du Donon (Bas-Rhin) : sapinière à l'état de conservation remarquable dans les Vosges alsaciennes
  • Jumelles d’Ornes (100,18 ha), en forêt domaniale de Verdun (Meuse) : forêt ayant développé une maturité écologique remarquable depuis la Première Guerre mondiale
  • Pas de la Lauze (193,23 ha, dont 96,62 ha d’extension), en forêt domaniale de l'Espinouse (Hérault) : hêtraie subnaturelle du sud du Massif central
  • Pitons rocheux de l’Armontabo (156 290 ha), sur la totalité de la forêt domaniale de l'Armontabo (Guyane) : la plus vaste réserve biologique intégrale, au cœur d’une forêt tropicale d’une naturalité exceptionnelle
  • Vau des Loups (75,60 ha ), en forêt domaniale de Sommedieue (Meuse) : exemple de reconstitution naturelle après la tempête de 1999, avec déjà 25 années de libre évolution.

Des territoires d'études pour les forestiers et les scientifiques

Au-delà de leur rôle de protection, les réserves biologiques constituent des sites de référence pour les études naturalistes, le suivi de l'évolution des milieux et la recherche. En laissant les processus naturels s’exprimer librement (RBI) ou en œuvrant à la conservation d’habitats ou d'espèces rares et vulnérables (RBD), elles permettent de mieux comprendre l’évolution des forêts, l’adaptation au changement climatique ou encore le rôle de la biodiversité dans la résilience des écosystèmes.

Chaque création ou extension de réserve biologique s’accompagne d’un plan de gestion approuvé par arrêté ministériel, garantissant une gestion et un suivi à long terme de ces espaces protégés.

Une contribution majeure à la Stratégie nationale des aires protégées

Ces réserves biologiques illustrent la place centrale des forêts publiques dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale des aires protégées 2030, établie par l’Etat. Elles témoignent également de l’engagement et de l'expertise de l’ONF dans le développement et la gestion d’espaces naturels bénéficiant d’une protection forte.

La mission d’intérêt général « Biodiversité et Paysages »

Le réseau des réserves biologiques est développé et valorisé dans le cadre de la mission d’intérêt général (MIG) « Biodiversité et Paysages », confiée par l’État à l’ONF. À ce titre, les actions de création, de gestion et de suivi de ces espaces sous protection forte bénéficient d’un financement dédié.

Ce réseau contribue directement à l’objectif de renforcement de la protection de la biodiversité et à la mise en œuvre de la Stratégie nationale aires protégées et plus largement de la Stratégie nationale biodiversité 2030.