Surveiller la sécheresse de la végétation pour prévenir les incendies
Lorsque l’été bat son plein et que les feux de forêt touchent la France, la surveillance de l’humidité de la végétation devient plus que jamais un dispositif essentiel dans la prévention des risques de feu.
Chaque semaine, sur un réseau de surveillance de 123 sites répartis dans toute la France, des agents de l’Office national des forêts (ONF) prélèvent des échantillons de végétaux pour mesurer avec précision leur teneur en eau. En suivant un protocole scientifique rigoureux élaboré par l’INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement), ils évaluent le niveau de sécheresse de la flore, souvent invisible à l’œil nu, puis identifient les zones géographiques les plus vulnérables.
Associées aux révisions météorologiques (vent, températures, humidité de l’air), les données recueillies permettent à Météo France de déterminer un niveau de danger feu de forêt. Cette évaluation guide le déploiement des moyens de lutte : moyens aériens comme les Canadairs, véhicules terrestres et effectifs de sapeurs-pompiers.
Au-delà du volet opérationnel, ce suivi hydrique est un outil d’aide à la décision utilisé par les services de l’État pour affiner les niveaux d’alerte des feux et mettre en place les mesures préventives.
Situation à la mi-juillet 2026 : une végétation déjà aussi sèche qu’à la mi-août
La végétation en forêt affiche déjà un niveau de dessèchement habituellement observé à la mi-août. Sur la quasi-totalité des 123 sites de prélèvement, les taux de teneur en eau enregistrés sont exceptionnellement bas pour la période. Cette situation traduit une sécheresse précoce et un stress hydrique marqué sur de nombreux territoires. Face à ces conditions propices aux départs de feu, une vigilance accrue s’impose en forêt afin de prévenir les incendies et de limiter leur propagation.
Un réseau de surveillance qui s’étend vers le nord
Sous l’effet du changement climatique, les feux de forêt gagnent du terrain, s’étendent progressivement dans l’espace et dans le temps et deviennent plus intenses. Longtemps concentré dans le sud du pays, les feux de forêt concernent désormais une part croissante du territoire. Historiquement installé dans les régions méridionales, le réseau de surveillance de la sécheresse de la végétation se déploie depuis 2022 vers le nord de la France, afin de suivre l'émergence du risque dans des régions jusqu'alors moins exposés aux incendies de forêt.
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Guillaume Larrière
Attaché de presse
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